La Vierge deviendra mère et mettra au monde un fils : on lui donnera le nom d’Emmanuel.
Bien chers fidèles
« Nous voici entrés dans la Semaine qui précède immédiatement la Naissance du Messie : dans sept jours au plus tard, il viendra ; et selon la longueur du temps de l’Avent, laquelle varie chaque année, il se peut que l’Avènement tant désiré ait lieu dans six jours, dans trois jours, demain même. L’Église compte les heures d’attente ; elle veille jour et nuit, et ses Offices ont pris une solennité inaccoutumée depuis le 17 Décembre. A Laudes, elle varie chaque jour les Antiennes ; à Vêpres, elle exprime avec tendresse et majesté ses désirs d’Épouse par de brûlantes exclamations vers le Messie, dans lesquelles elle lui donne chaque jour un titre magnifique emprunté au langage des Prophètes.
Aujourd’hui elle veut frapper le dernier coup pour émouvoir ses enfants. Elle les transporte dans la solitude ; elle leur montre Jean-Baptiste, de la mission duquel elle les a déjà entretenus au troisième Dimanche. La voix de cet austère Précurseur ébranle le désert, et se fait entendre jusque dans les cités. Elle prêche la pénitence, la nécessité de se purifier en attendant celui qui va paraître. Retirons-nous à l’écart durant ces jours ; ou si nous ne le pouvons faire à raison de nos occupations extérieures, retirons-nous dans le secret de notre cœur et confessons notre iniquité, comme ces vrais Israélites qui venaient, pleins de componction et de foi dans le Messie, achever, aux pieds de Jean-Baptiste, l’œuvre de leur préparation à le recevoir dignement, lorsqu’il allait paraître. » (Dom Guéranger, Année Liturgique)
Ces derniers jours de préparation à la grande fête de la Nativité de notre-Seigneur résonnent, pleins des chants et prophéties de l’Ancien Testament, annonçant « depuis plus de 4000 ans » le Messie promis à Adam et Eve, après la chute du péché originel. Hier, dans la messe du Samedi des Quatre-Temps, nous entendions Isaïe nous annoncer le Sauveur. Ce matin encore, l’Eglise nous fait méditer ses oracles, pour renforcer notre Espérance et notre Foi en la promesse tant attendue.
Le Prophète a excité notre soif en nous parlant de la limpidité et de la fraîcheur des sources qui jaillissent à l’arrivée du Messie ; demandons, avec la sainte Église, la rosée qui rafraîchira notre cœur, la pluie qui le rendra fécond.
Tournons-nous encore vers Notre-Dame qui a porté dans son sein maternel l’Enfant-Jésus. Encore quelques jours, et Marie le présentera à notre adoration silencieuse et amoureuse. Elle a su la première l’accueillir. Apprenons d’elle à accueillir Jésus dans nos âmes, dans la crèche de notre cœur, pour qu’Il y reste à jamais.
Sainte fin d’Avent à tous!
Chanoine V. Poucin de Wouilt
« Nous implorons, Seigneur, votre bonté, pour que ces secours divins nous arrachent à nos désordres et nous préparent aux fêtes qui viennent. » (Postcommunion de la messe)
Voici donc enfin venu ce temps de pénitence salutaire, qui inaugure chacune de nos années liturgiques. Temps de préparation à la venue de notre Sauveur dans notre cœur. Temps de pénitence et d’humiliation de nous-même pour ressembler toujours plus à l’Enfant-Jésus, qui vînt humblement dans une étable, alors qu’il aurait pu choisir le palais d’un roi, étant le Créateur et Maître de toutes choses.
Voyons donc ici dans ce spectacle de « l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, dressée en un lieu saint, » une nouvelle occasion de nous adresser de manière plus pressante vers notre Créateur et Rédempteur. Lui seul peut venir en nous pour apaiser nos troubles et nous redonner l’innocence baptismale que nous pourrions avoir malheureusement perdu par nos péchés et nos infidélités.